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	<title>Lyannaj.net &#187; Philippe Loubat</title>
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	<description>Critiques artistiques et culturelles guadeloupéennes</description>
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		<title>PAS DE PHOTOS SVP</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Apr 2009 11:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lyannaj-Team</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Isabelle Kancel]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Loubat]]></category>

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		<description><![CDATA[Textes : Isabelle Kancel et Philippe Loubat
Mise en scène :
Avec : Isabelle Kancel
Isabelle Kancel est une auteure, metteur en scène et surtout comédienne guadeloupéenne bien connu dans notre île désormais. Son registre est celui du ONE WOMAN SHOW, ou seul en scène. On a pu la voir ces dernières années dans des spectacles à sketches, interprétant des galeries [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.lyannaj.net/?attachment_id=86"></a>Textes :</strong> Isabelle Kancel et Philippe Loubat<br />
<strong>Mise en scène</strong> :<br />
<strong>Avec</strong> : Isabelle Kancel</p>
<p>Isabelle Kancel est une auteure, metteur en scène et surtout comédienne guadeloupéenne bien connu dans notre île désormais. Son registre est celui du <strong>ONE WOMAN SHOW</strong>, ou seul en scène. On a pu la voir ces dernières années dans des spectacles à sketches, interprétant des galeries de portraits : l&#8217;infirmière antillaise, la femme célibataire, la clocharde&#8230;</p>
<p>Dans son nouveau spectacle, « <strong>Pas de photos svp</strong> », ce personnage de la SDF, clocharde revient.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-67" href="http://www.lyannaj.net/?attachment_id=67"></a><strong><a href="http://www.lyannaj.net/?attachment_id=86"><img class="alignleft" title="Pas de photos SVP" src="http://www.lyannaj.net/wp-content/uploads/2009/08/Ducharmoy_1-150x150.jpg" alt="Pas de photos SVP" width="150" height="150" /></a></strong>La soirée se présente en <strong>deux</strong> <strong>partie</strong> : la première, texte écrit par <strong>Isabelle Kancel</strong>, nous présente Isabelle, comédienne ratée, clochardisée et qui raconte à un journaliste en voix off, venu l&#8217;interviewer, l&#8217;histoire de sa vie. Par petites touches, entre commentaires sur son squat  quotidien dans un aéroport et réminiscences de son parcours, on découvre ses espoirs déçus, ses rêves avortés, ses histoires d&#8217;amour sans lendemain et sa passion pour <strong><a title="PHEDRE" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A8dre_(Racine)" target="_blank">PHEDRE</a></strong>, et son amour filial pour hyppolite&#8230;</p>
<p><span id="more-63"></span></p>
<p>La deuxième partie est composée d&#8217;une série de phrases d&#8217;actrices célèbres agencée par par l&#8217;auteur <strong>Philippe Loubat</strong>. Un personnage entre, c&#8217;est une star, un journaliste l&#8217;interview, elle lui répond sur la célébrité, la maternité, son métier d&#8217;actrices, ses tourments, les hommes, le désir, l&#8217;amour&#8230;</p>
<p>On ne s&#8217;attardera pas sur l&#8217;inexistence (fautes de moyens de production ?) d&#8217;une réelle création lumière ou sonore. De toute façon, d&#8217;une manière générale, ce type de spectacle convoque trois éléments fondamentaux : le texte, la direction de l&#8217;actrice ou mise en scène, la comédienne.</p>
<h2>1- Le texte :</h2>
<p>Celui de la première partie est plein de bonnes intentions : une narration, récit de vie d&#8217;une exclue, qui ne s&#8217;apitoie par sur elle-même et qui dans un va et vient habile et astucieux lève le voile sur ses douleurs de comédienne ratée. On est dans le registre de la comédie dramatique plus que dans celui du rire à sketches auquel l&#8217;auteure/comédienne nous avait habitué. La surprise passée, on reste sur sa faim car, faute de cruauté, le texte ne fait ni rire, ni pleurer. A peine fait-il sourire par moments sur de belles trouvailles de glissement sémantique entre les mots d&#8217;Isabelle (le personnage) et ceux de Phèdre (bravo pour rhum et Rome&#8230;)<br />
Mais le texte  ne nous touche pas comme si l&#8217;auteure, trop proche de son sujet sans recul, n&#8217;avait pas osé malmener véritablement son personnage de clocharde. A l&#8217;image de son « <em>trench coat</em> » sensé être le symbole de sa saleté, de sa clochardisation, mais qui nous paraît trop lisse, trop propre, le texte n&#8217;est pas assez incisif, méchant, oui, sale pour créer l&#8217;empathie. Il reste en retrait de son sujet, et nous aussi.</p>
<p>Celui de la deuxième partie le prouve : le narcissisme, le cynisme, la folie au sens pathologique du terme des grandes stars de cinéma est une mine d&#8217;or pour la dramaturgie. Le simple fait de les restituer tel quel fait froid dans le dos, nous faire rire aux éclats, nous émeut, nous touche. Ces femmes-là, de par l&#8217;hypersensibilité que leur métier exige, sont à frontière, « <em>borderline</em> » comme on dit, de la normalité. Elles nous renvoient, pauvres humains, un miroir à peine déformé de nos désirs enfouis de gloire, de nos peurs taboues de la vieillesse et de la mort. Elles en deviennent monstrueuses, donc humaines et ça marche. Il aurait sans doute fallu faire un travail un peu pointu pour donner à ces bribes d&#8217;humanité un peu plus de relief, avec de véritables contrepoints (les séquences slamées ou chantées façon cabaret méritent d&#8217;être plus travaillé en ce sens). Mais globalement, on est séduit par ce texte.</p>
<h2>2- La comédienne :</h2>
<p>Isabelle Kancel est une comédienne de composition. Ses consoeurs ce sont Muriel Robin, Valérie Lermercier ou Michèle Bernier. Elle a de l&#8217;abattage, un réel talent comique. Force est de constatée que de ce point de vue, son dernier spectacle est décevant, surtout dans la première partie. Le texte faisant elle n&#8217;ose pas ; sans doute à cause de la proximité du sujet elle apparaît embarrassée  par son rôle, hésitante dans ses mots, comme se regardant joué. Dans la deuxième partie, c&#8217;est mieux : la distance lui donne de la liberté et en mode mineur, avec une économie de jeu et de moyens elle emporte le morceau : elle incarne cette galerie d&#8217;actrices. Elle épate. Ainsi, son interprétation à peine surlignée de Fanny Ardant est un grand moment de théâtre.</p>
<h2>3- La mise en scène :</h2>
<p>C&#8217;est là que le bât blesse. Ce qui manque à cette artiste c&#8217;est un regard extérieur, une vision, une direction sur les intentions, le chemin à creuser, l&#8217;univers à investir de son imagination. Ici rien de tout cela, la comédienne est livrée à elle-même et joue sur ses acquis. C&#8217;est insuffisant.</p>
<p>Au final, un sentiment de regrets quand on sait ce que cette comédienne est capable de faire. Il lui est urgent de trouver les partenaires de création indispensables pour faire progresser son art.</p>
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