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	<title>Lyannaj.net &#187; Agatha Christie</title>
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	<description>Critiques artistiques et culturelles guadeloupéennes</description>
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		<title>DEVINEZ QUI ?</title>
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		<comments>http://www.lyannaj.net/2009/03/devinez-qui/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 23:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lyannaj-Team</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Agatha Christie]]></category>
		<category><![CDATA[Courtes Lignes]]></category>
		<category><![CDATA[Grimonprez]]></category>

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		<description><![CDATA[Pièce policière : d&#8217;Agatha Christie
Mise en scène : Claude Georges GRIMONPREZ
Par la compagnie : Courtes Lignes
La pièce a été écrite par la grande romancière anglaise elle-même, inspirée de son célèbre roman « les dix petits nègres », modernisée par Sébastien Azzopardi.
L&#8217;action se passe en 1960. Huit invités sont réunis pour le week-end dans une propriété située [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pièce policière</strong> : d&#8217;Agatha Christie<br />
<strong>Mise en scène</strong> : Claude Georges GRIMONPREZ<br />
<strong>Par la compagnie</strong> : Courtes Lignes</p>
<p>La pièce a été écrite par la grande romancière anglaise elle-même, inspirée de son célèbre roman « <strong>les dix petits nègres</strong> », modernisée par Sébastien Azzopardi.</p>
<p>L&#8217;action se passe en 1960. Huit invités sont réunis pour le week-end dans une propriété située sur l&#8217;île du Chat, au large des côtes d&#8217;Angleterre. Les propriétaires  sont absents, les invités accueillis par deux domestiques. Soudain une voix accuse chacun des convives de meurtre.<br />
Bientôt, ils vont être assassinés à tour de rôle suivant une comptine qui s&#8217;égrène au fur et à mesure « dix petits chats&#8230; ».</p>
<p>Qui les a invités ? Qui frappe de mort chacun d&#8217;eux ? Qui sera le prochain ?</p>
<p><span id="more-42"></span>Que dire de cette nouvelle production ?</p>
<p>Rien, il n&#8217;y a rien à en dire du point de vue théâtral : il n&#8217;y a pas de pièce (désolé chère Agatha) pas de mise en scène, pas de scénographie, pas de création lumière, pas de comédien, pas de rythme, rien.</p>
<p>Nous sommes ici dans le non-théâtre.</p>
<p>Pourtant il existe un théâtre amateur de belle facture, fabriqué par des passionnés, cultivés, ayant souci du bel ouvrage, présentant de vraies créations artisanales, riches de sens ou de rire. Et lorsque ce théâtre là se pique de boulevard, il révise ses classiques (« au théâtre ce soir ») et sait immédiatement que le maître mot dans ce registre est le rythme. Le rythme, le rythme.</p>
<p>Mais le rythme, qu&#8217;on soit professionnel ou amateur, ça se travaille. Il n&#8217;y a pas de secret.</p>
<p>Difficile dans ces conditions d&#8217;absence de théâtre de faire œuvre critique.</p>
<p>Penchons-nous plutôt sur le « phénomène » <strong>Courtes Lignes</strong> et ce qu&#8217;il nous dit sur la situation du théâtre en  Guadeloupe.</p>
<p>Cette pièce est la nouvelle production de la cie <strong>Courtes Lignes</strong>. On peut parler de nouvelle production comme on annonce le beaujolais nouveau tant il est vrai que dans la paysage théâtral guadeloupéen, cette cie amateur, dirigée par le couple <strong>Claude Georges Grimonprez</strong> et <strong>Anne-Marie Clerc</strong>,  est à saluer pour sa longévité et la régularité annuelle de ses propositions.</p>
<p>Depuis de nombreuses années, donc, leur registre est celui du théâtre de boulevard. On se souvient ces dernières années de « Arsenic et vieilles dentelles » ou de « un vrai bonheur » présentées au centres des arts de pointe à pitre, à l&#8217;Artchipel, Scène Nationale ou au ciné-théâtre du Lamentin devant un très nombreux public.</p>
<p>La cie a également des réseaux en Martinique où elle présente son travail dans la foulée des représentations guadeloupéennes.</p>
<p>De par cette longévité, cette régularité et un réseau de sponsors et de public intelligemment entretenu, la cie joue la plupart de ses spectacles à guichet fermé, plusieurs soirs de suite dans une salle de 1000 places comme celle du centre des arts.</p>
<p>C&#8217;est un exploit.</p>
<p>La sociologie de ce nombreux public est riche d&#8217;enseignement : des familles, des couples de plus de 40 ans, « blancs » pour la plupart et qui ne vont au théâtre qu&#8217;une fois l&#8217;an, à l&#8217;occasion de la nouvelle production de Courtes Lignes.<br />
A l&#8217;évidence, ce public là recherche le divertissement pur, le rire et des retrouvailles complices avec certains membres de la troupe qu&#8217;ils suivent au fil des productions (On regrettera à ce propos la présence non exploitée de David Couchet &#8211; à qui la pauvreté du texte ne donne rien à jouer &#8211; et  l&#8217;absence de Joëlle Castella qui par son sens du rythme aurait fait une remarquable <em>Emilie Brent)</em>.</p>
<p>En dépit de l&#8217;indigence de tout propos artistique ou théâtral d&#8217;une représentation qui dure 3h, ce public reste jusqu&#8217;au bout, n&#8217;a pas l&#8217;air de s&#8217;ennuyer, bien au contraire. Il semble se passionner pour l&#8217;énigme (Lenny G.M&#8230;.), il rit, même mollement, il applaudit aux ouvertures et fermetures de rideaux, patients, heureux d&#8217;être là quel que soit ce qui se passe sur scène.</p>
<p>L&#8217;ambiance est bon enfant et les saluts  chaleureux et nourris.</p>
<blockquote><p>A la sortie, on se reconnaît, on s&#8217;attarde, on discute de la grève qu&#8217;on vient de subir, de la scolarité des enfants, des vacances prochaines, de tout sauf de la pièce qu&#8217;on vient de voir.</p></blockquote>
<p>La cie <strong>Courtes Lignes</strong> peut être comparée aux productions de Jean-Pierre Sturn. Même longévité, même régularité, même public très nombreux (majoritairement noir celui-là). La différence étant que Sturn est auteur et réussit parfois, à travers le (gros)  rire, à poser de vraies problématiques sociales (l&#8217;excellent « Ma commère Alfred »). L&#8217;une comme l&#8217;autre ont toute  leur place dans le paysage, non pas théâtral au sens artistique, mais de divertissement théâtral en Guadeloupe.</p>
<p>Nous ne pouvons que recommander à <strong>Courtes Lignes</strong>, si elle en a les moyens, de prendre la mesure de sa responsabilité : quand on réussi à faire de son spectacle « un événement RF0 », qu&#8217;on aspire à présenter au public scolaire son travail et qu&#8217;enfin on a un tel tout public fidèle, on en profite pour l&#8217;éduquer en lui présentant à minima, un travail, achevé, abouti. Pour y arriver il faut à cette troupe un vrai metteur en scène, un vrai répertoire de très bonnes pièces de boulevard et une exigence sans faille dans la direction des comédiens. A 21 euros le droit d&#8217;entrée, c&#8217;est le minimum requis pour toute troupe y compris amateur.</p>
<p>Le principal enseignement, à notre avis, est ailleurs. Il s&#8217;adresse aux autres cies professionnelles ou amateurs du territoire : organisez-vous, structurez-vous, travaillez, travaillez, travaillez. Il y a en Guadeloupe un public, noir et blanc, de toutes conditions sociales, prêt à sortir pour voir du théâtre, du bon, du vrai théâtre qu&#8217;il soit de boulevard, de création, de patrimoine, d&#8217;intervention social, forum, tragique, dramatique, de farce&#8230;</p>
<p>Une seule condition, la qualité et l&#8217;honnêteté du travail bien fait.</p>
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