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	<title>Commentaires sur : Guadeloupe 2009 : La Révolution ou L&#8217;Identité libérée ?</title>
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	<description>Critiques artistiques et culturelles guadeloupéennes</description>
	<lastBuildDate>Wed, 13 May 2009 19:22:55 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Par : Lyannaj-Team</title>
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		<dc:creator>Lyannaj-Team</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2009 19:22:55 +0000</pubDate>
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		<description>Réactions

Frantz Succab (Sainte-Rose, 18/03/09) : 
LA LIBERTE IDENTIFIEE.
Je crois qu’il faut s’efforcer de rester humble devant ce mouvement déclenché par le LKP. Je ne parle pas d’agenouillement, lourd de mauvaise conscience, je parle du refus de  la posture consistant à expliquer du haut d’un quelconque promontoire, qu’il soit d’ailleurs du LKP lui-même, du MEDEF ou de l’Etat. Je dis s’impliquer  maintenant avant d’expliquer déjà. Toute définition hâtive  court le risque de se figer dans l’archaïsme de notions qui, juste avant l’événement, semblaient désigner des phénomènes et qui désormais tournent à vide. « …indépendantiste, et trotskistes, debout, dans l’ultime sursaut de faire aboutir le rêve d’une Nation » qu’est-ce cela peut bien signifier pour ces milliers de gens qui se sont sentis appelés ?
Pour revenir à l’humilité, je parle d’une vertu, tout bêtement humaine : la sympathie. Autrement dit, la faculté d’avoir mal aux autres et, par conséquent, d’avoir plaisir au plaisir des autres. C’est  ce qui entraîne en certains moments de crise, d’humanité paroxysmique, la contagion de la liberté et un plus grand partage de l’intelligence. 
Pendant ces 44 jours où rien ne fonctionnait, ni les services publics ni les institutions politiques ni l’économie, il y eut pourtant de l’animation populaire, massive et joyeuse. Je veux dire en cela, un immense supplément d’âme. Donc, la vie.  De façon tellement inattendue et inédite, qu’il y a forcément une part d’ « incomprenable » qui échappe à ceux qui jusqu’alors faisaient métier de tout comprendre et de tout expliquer. 
A ce propos, je suis complètement en accord avec Patrick Chamoiseau qui, parlant du même phénomène en Martinique, dit  que « pour seulement border l’intensité du phénomène, il aurait fallu émulsionner ensemble Marx, Foucault, Freud, Shakespeare, Lautréamont, Gorz, Char, Segalen, Deleuze, Héraclite, Morin, Glissant, Césaire, Fanon.... y précipiter des plasticiens, des musiciens et la plupart des grands jazzmen... On comprend qu’avec un tel appareillage, on ne soit plus dans l’illusion explicative et qu’on tente d’aborder aux rives salubres du poétique... » J’ajouterais Tirolien, Béville, Rupaire,  Rovélas et j’en passe, juste pour insister sur le fait que tout phénomène social mystérieux convoque l’ensemble des savoirs accumulés par toute l’expérience humaine.
C’est là que sont attendus les créateurs, qui selon moi sont le moteur de la vie culturelle et artistique, l’aiguillon de l’intelligence commune : sympathiser, aller sous le tumulte du non-dit déterrer et mettre au grand jour ce que nous aimons de nous, que nous ne savons pas. 
De ce point de vue, je ne peux faire de procès au LKP pour n’avoir rien dit aux créateurs de ce qu’ils doivent faire, pas plus que je ne le ferais à un futur pouvoir guadeloupéen (ce que le LKP n’est pas). Quand bien même nos créateurs seraient submergés par le doute, c’est le doute même qui devrait être créatif. N’est pas cette interaction entre ce que nos créateurs puisent de nous-mêmes et son appropriation massive qui serait génératrice de culture guadeloupéenne ? Je parle ici d’efforts de la pensée qui transcendent l’état de la Guadeloupe pour marquer dans le monde la présence de son humanité singulière. 
Pour les créateurs, il y a donc, après ce mouvement, les mêmes exigences qu’il y avait avant. Et s’ils y avaient déjà fortement répondu on l’aurait su pendant ces 44 jours. Ils ne seraient pas éparpillés dans ou devant le lyannaj kont pwofitasyon (LKP). Ils seraient le lyannaj de la Guadeloupe, à l’intérieur duquel tout le monde grandirait mieux.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Réactions</p>
<p>Frantz Succab (Sainte-Rose, 18/03/09) :<br />
LA LIBERTE IDENTIFIEE.<br />
Je crois qu’il faut s’efforcer de rester humble devant ce mouvement déclenché par le LKP. Je ne parle pas d’agenouillement, lourd de mauvaise conscience, je parle du refus de  la posture consistant à expliquer du haut d’un quelconque promontoire, qu’il soit d’ailleurs du LKP lui-même, du MEDEF ou de l’Etat. Je dis s’impliquer  maintenant avant d’expliquer déjà. Toute définition hâtive  court le risque de se figer dans l’archaïsme de notions qui, juste avant l’événement, semblaient désigner des phénomènes et qui désormais tournent à vide. « …indépendantiste, et trotskistes, debout, dans l’ultime sursaut de faire aboutir le rêve d’une Nation » qu’est-ce cela peut bien signifier pour ces milliers de gens qui se sont sentis appelés ?<br />
Pour revenir à l’humilité, je parle d’une vertu, tout bêtement humaine : la sympathie. Autrement dit, la faculté d’avoir mal aux autres et, par conséquent, d’avoir plaisir au plaisir des autres. C’est  ce qui entraîne en certains moments de crise, d’humanité paroxysmique, la contagion de la liberté et un plus grand partage de l’intelligence.<br />
Pendant ces 44 jours où rien ne fonctionnait, ni les services publics ni les institutions politiques ni l’économie, il y eut pourtant de l’animation populaire, massive et joyeuse. Je veux dire en cela, un immense supplément d’âme. Donc, la vie.  De façon tellement inattendue et inédite, qu’il y a forcément une part d’ « incomprenable » qui échappe à ceux qui jusqu’alors faisaient métier de tout comprendre et de tout expliquer.<br />
A ce propos, je suis complètement en accord avec Patrick Chamoiseau qui, parlant du même phénomène en Martinique, dit  que « pour seulement border l’intensité du phénomène, il aurait fallu émulsionner ensemble Marx, Foucault, Freud, Shakespeare, Lautréamont, Gorz, Char, Segalen, Deleuze, Héraclite, Morin, Glissant, Césaire, Fanon&#8230;. y précipiter des plasticiens, des musiciens et la plupart des grands jazzmen&#8230; On comprend qu’avec un tel appareillage, on ne soit plus dans l’illusion explicative et qu’on tente d’aborder aux rives salubres du poétique&#8230; » J’ajouterais Tirolien, Béville, Rupaire,  Rovélas et j’en passe, juste pour insister sur le fait que tout phénomène social mystérieux convoque l’ensemble des savoirs accumulés par toute l’expérience humaine.<br />
C’est là que sont attendus les créateurs, qui selon moi sont le moteur de la vie culturelle et artistique, l’aiguillon de l’intelligence commune : sympathiser, aller sous le tumulte du non-dit déterrer et mettre au grand jour ce que nous aimons de nous, que nous ne savons pas.<br />
De ce point de vue, je ne peux faire de procès au LKP pour n’avoir rien dit aux créateurs de ce qu’ils doivent faire, pas plus que je ne le ferais à un futur pouvoir guadeloupéen (ce que le LKP n’est pas). Quand bien même nos créateurs seraient submergés par le doute, c’est le doute même qui devrait être créatif. N’est pas cette interaction entre ce que nos créateurs puisent de nous-mêmes et son appropriation massive qui serait génératrice de culture guadeloupéenne ? Je parle ici d’efforts de la pensée qui transcendent l’état de la Guadeloupe pour marquer dans le monde la présence de son humanité singulière.<br />
Pour les créateurs, il y a donc, après ce mouvement, les mêmes exigences qu’il y avait avant. Et s’ils y avaient déjà fortement répondu on l’aurait su pendant ces 44 jours. Ils ne seraient pas éparpillés dans ou devant le lyannaj kont pwofitasyon (LKP). Ils seraient le lyannaj de la Guadeloupe, à l’intérieur duquel tout le monde grandirait mieux.</p>
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